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Dossier de Michel José Gueydan

michel 1969
Michel en 1969

    Comme je l'ai expliqué sur la page d'accueil, mon père est un ancien pupille de l'état recueilli par l'A.S.E.. de Paris en 1954. En mars 2006 j'ai décidé de lancer une recherche afin de retrouver mes racines. Je ne savais pas par où commencer et j'ai cherché sur internet un site ou un forum pouvant me guider dans mes recherches. J'ai trouvé un site, les X en colères, je me suis inscrit sur leur forum et dès le lendemain un des membres, Patrice, que je ne remercierai jamais assez pour sa patience et ses précieux conseils, m'a contacté et conseillé pour entreprendre les laborieuses démarches administratives qui m'ont permis d'obtenir le dossier de mon père auprès de l'A.S.E. de Paris.

    Après avoir obtenu ce dossier, je fus un peu plus renseigné sur mes origines et sur les circonstances du pseudo abandon de mon père. Malheureusement j'ai également appris le fonctionnement "mafieux" de l'A.S.E. de Paris dans les années 1950. Pour ces personnes, un enfant était une "marchandise" qu'il fallait au plus vite faire adopter. Mensonges, falsifications de pièces, pièces manquantes, culture imbécile du secret,contradictions et mépris total de la personne en tant qu'être humain. Nous verrons tout cela dans la retranscription du dossier.

    Nous avons tous un droit aux origines, malheureusement les mentalités et les lois evoluent lentement. Des associations ( souvent anti-avortement ), des politiques, des personnes soit-disant " bien pensantes " continuent même à véhiculer cette chimère de la culture du secret. Et le droit de l'enfant? Le droit que chacun de nous a de connaître ses origines, qu'en fait-on? Je conseille à tout le monde de visionner ce site : Les X en colères , forum, témoignages, liens, aides à la recherche, lois... Un site indispensable.

   Il y a des choses que je ne pourrai jamais changer, mais ce que je regrette le plus c'est le fait que j'en ai appris plus sur mon père que lui-même n'en a su en 30 ans. Il a vécu avec un manque, on lui a menti, il n'a jamais su si sa mère l'aimait, il est mort en 1980 sans jamais savoir.



Retranscription du dossier

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1954

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Acte naissance Jeannette Gueydan Acte naissance Michel Gueydan 18 mai 1954 19 mai 1954 20 mai 1954_01 20 mai 1954
20 mai 1954 20 mai 1954_02 03 juillet 1954 31 juillet 1954_01 31 juillet 1954_02 20/09/54
lettre 11/10/54-01 lettre 11/10/54-02 lettre 11/10/54-03 lettre 11/10/54-04 lettre 25/11/54_01 lettre 25/11/54-02


18 mai 1954 : Examen médical de Michel à son arrivée à l'hôpital-hospice Saint Vincent de Paul, on ne connaît pas encore son nom.

19 mai 1954 : lettre de la préfecture de police au directeur de l'hôpital-hospice Saint Vincent de Paul de Paris demandant de " trouver un enfant de 7 à 8 ans que l'on inviterait à converser seul à seul avec cet enfant et qui tirerait de lui quelques renseignements que les adultes n'obtiennent pas "

20 mai 1954_01 : lettre de la préfecture de police au directeur de l'assistance publique de Paris donnant l'identité de Michel ainsi que l'adresse et le lieu de travail de sa mère

20 mai 1954  et 20 mai 1954 : retranscription du rapport de police par l'A.S.E. de Paris, la copie du vrai rapport de police n'est pas présent. On a également une anotation sur ce bulletin de renseignement indiquant que Michel " à été envoyé à l'agence d'Autun sans avis le 07 octobre 1954 " . Cette anotation a été faite évidemment plus tard mais on ne sait pas par qui et à quelle date. Peut-être que le dossier a été réexaminé mais pourquoi et dans quelles circonstances, on ne sait pas.

31 juillet 1954_01: lettre du directeur de l'hôpital-hospice Saint Vincent de Paul au substitut du T.E.A. qui l'informe qu'une certaine " Dame Millet" demeurant à Bragny en Charollais demande par courrier à recueillir Michel. On ne sait pas qui est cette " Dame Millet" et la copie de cette lettre est absente.

31 juillet 1954_02 : réponse de l'A.S.E. de Paris à " Mme Millet " lui signifiant que la décision ne leur appartient pas. On voit également en anotation que cette dame est l'ancienne nourrice de Michel.
lettre du 11/10/54-0102, 03, et 04 : lettre de Jeannette Gueydan à l'assistance publique de Paris. Elle demande où est son fils Michel à qui elle doit rendre visite régulièrement au moins une fois par semaine après être passée au préalable au commissariat de police. Les visites sont donc autorisées puisque Michel  est " recueilli temporaire ".
Quelqu'un lui a dit que Michel est parti en agence mais on ne sait pas qui.
Il y a une phrase que je ne comprends pas très bien : "j'ai un petit garçon qui voilà quelques temps a été confié à l'assistance publique, ayant des ennuis avec l'ancienne nourrice ".
Dans le rapport de police du 
20 mai 1954 , on sait seulement que Michel a été retrouvé " errant " dans une rue de Choisy le roi le 16 mai 1954 mais on n'en connaît pas les circonstances. Il n'existe aucune copie de déposition de Jeannette.
En conclusion, Jeannette n'a pas abandonné son fils puisqu'il est recueilli temporaire. On se demande quel est le rôle de cette madame Millet, ancienne nourrice de Michel qui a demandé à le recueillir. Michel a été envoyé à l'agence d'Autun le 07 octobre 1954 sans avis  du tribunal pour enfants et sa mère, Jeannette, n'en sait rien.
On apprend également que, d'après ses écrits, Jeannette Gueydan est une ancienne pupille.

lettre du 25/11/54_01 et 02: cette lettre a été tamponnée le 25/11/54 et le 23/12/54 ce qui prouve qu'on l'a lue mais on ne sait pas quand elle a été envoyée. D'après ce courrier, l'assistance publique n'a pas répondu à la première lettre.


1955
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14/01/55 26/02/55 15/03/55 07/10/55 26/11/55 09/12/55


14/01/55 : lettre de l'assistance publique de Paris à l'agence d'Autun. Courrier demandant des nouvelles de Michel. Il est bien indiqué " Nous vous rappelons que l'adresse des nourriciers, ni celles des parents ne doivent être communiquées "

26/02/55 : courrier de la préfecture de police de Paris au directeur de l'assistance publique de Paris accusant réception d'une lettre soit-disant " citée en référence ", mais absente du dossier, qui demande l'état d'avancement du dossier transmis au tribunal pour enfants.

15/03/55 : courrier du tribunal pour enfants au directeur de l'assistance publique de Paris. Après jugement, Jeannette Gueydan peut reprendre son fils Michel et le confier à cette fameuse " dame Millet " qui s'avère être la nourrice de Michel ( rien officiellement dans le dossier jusqu'à présent ne nous avait renseigné sur la fonction de cette femme ).Le tribunal termine par cette phrase : " Je vous serai obligé de me tenir au courant de la situation de l'enfant".
 Michel, en tant qu'enfant recueilli temporairement ne devait pas être envoyé dans une autre agence en vue d'un "placement" avant une décision de justice. Le jour du jugement, des représentants de l'assistance publique ainsi que la mère de l'enfant sont présents. Jeannette sait que Michel a été envoyé en agence, elle a également du dire qu'elle venait lui rendre visite à Saint Vincent de Paul et qu'elle avait écrit des lettres à l'agence. Alors pourquoi l'A.S.E. garde-t-elle encore Michel? Ce qui encore plus rageant c'est que la justice ne suive pas ce dossier et ne fasse pas appliquer le jugement. On est en droit de se poser des questions car dans la suite du dossier l'A.S.E. fera la sourde oreille à cette décision de justice et cette même justice ne fera pas très pressante auprès de l'assistance publique. Je ne sais pas si ma grand-mère a, ou a eu, le pouvoir de tenter une autre action en justice, il faut croire que non. Si elle a écrit de nouveau à l'agence, ses lettres ne figurent pas dans le dossier ou ont été évincées. On ne peut rien vérifier car il manque une pièce essentielle dans ce dossier qui est une copie du jugement.

Laxisme de la justice et magouilles de l'A.S.E., un beau cocktail qui décide de la vie d'un enfant.
 
07/10/55 :  courrier de l'A.S.E. de Paris à l'agence d'Autun. " ... et de m'indiquer si la mère en prend des nouvelles."  . Belle contradiction avec la lettre du 14/01/55 notifiant que l'adresse des nourriciers ne doit être communiquée à personne. De plus, comment Jeannette gueydan prendrait des nouvelles puisqu'elle ignore ce qui est advenu de son fils.

26/11/55 : courrier de l'assistance publique au tribunal pour enfants. L'A.S.E. feint d'ignorer la décision de justice en demandant des nouvelles sur l'état d'avancement du dossier. Si l'A.S.E. n'a pas la copie du jugement ou l'a sûrement mis aux oubliettes, par exemple elle en a la notification depuis 8 mois :15/03/55
On remarquera les termes " choisis " dans cette lettre comme : " découvert abandonné " ; " la mère n'en a jamais pris de nouvelles . Mensonges, puisque Michel n'a pas été abandonné mais recueilli temporairement, que sa mère venait sûrement lui rendre visite une fois par semaine, qu'on a la preuve qu'elle a écrit au moins 2 lettres en demandant des nouvelles de son fils. " l'enfant commence à aller à l'école et s'y plaît " . Le sens de cette lettre c'est que l'agence fait tout pour le bien de l'enfant ce qui n'est pas le cas de sa mère.  Jamais il n'est mentionné que Michel à été envoyé à l'agence d'Autun .
Je pense que cette lettre a pour but de voir si la justice suis son cours, si l'agence peut continuer ses " petites affaires " sans craindre d'être condamnée. La réponse du 09/12/55 du tribunal pour enfants, malgré qu'une copie de la lettre du 15/03/55 ( absente également ) ait été renvoyée , doit conforter l'agence dans son action . En effet, recevoir ce genre de lettre 8 mois après le verdict du tribunal et ne pas s'alarmer, c'est indigne de la justice.



1960
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Avril 60_01 Avril 60_02 31 mai 60 31 mai 60 04 juillet 60


Aucun courrier, document ni quoi que ce soit depuis 1955, rien n'a été fait, Michel est toujours à l'agence d'Autun


Avril 60_01 et 02 : questionnaire rempli par l'agence d'Autun et renvoyé à l'agence de Paris.
" La mère n'a jamais pris de nouvelles à l'agence " : elle ne sait même pas où son fils a été envoyé
" Michel est en bonne santé il n'est pas incontinent- pourrait être proposé en vue d'adoption " : cette phrase fait froid dans le dos. Y-avait-t'il un " marché de l'enfant " dans ces années là? Un enfant adopté à tout pris au mépris de tout sentiment.
" Semble avoir perdu tout souvenir de sa famille naturelle. Dès octobre 55 on notait, au cours d'une tournée, qu'il ne parlait plus du tout de sa mère " : Michel a subi un traumatisme et ne veut sûrement plus parler de sa famille s'il s'en souvient. L'agence n'a sûrement pas envoyé Michel devant un psychologue. On ne sait pas si cela est la vérité mais connaissant les pratiques de l'agence cela doit bien les arranger d'écrire ce genre de choses.

31 mai 60 : courrier du directeur de l'assistance publique au préfet de police. Demande de recherche de Jeannette Gueydan. Pourquoi?

31 mai 60 : réponse de la préfecture de police. " recherches infructueuses ".

04 juillet 60 : demande de l'assistance publique au ministère de l'intérieur afin de rechercher Jeannette Gueydan.
Pourquoi tant d'empressement, 5 ans après, pour retrouver la mère de Michel? On peut avancer beaucoup d'hypothèses :
- Changement de direction à l'A.S.E. de Paris?
- La justice a mis le nez dans les dossiers de l'agence?
- L'agence s'est apperçue de l'énormité de l'erreur et du préjudice subit par Michel et sa mère?
- etc...
La réponse du ministère de l'intérieur est absente du dossier. On ne saura jamais pourquoi ses recherches ont été lancées, si le ministère de l'intérieur a répondu ou tout simplement si les recherches ont été baclées ce qui arrange bien l'agence. 


1964
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26 novembre 64 : Acte naissance Michel Gueydan  : cet acte de naissance a été demandé et obtenu par le greffier du palais de justice le 17 février 1955. Sans commentaires!



1969

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28 mars 69 : Demande d'immatriculation au titre des pupilles de l'état de Michel par l'A.S.E. de Paris.
Mon père désire se marier, il a 19 ans et n'est donc pas encore majeur. En tant que recueilli temporaire il doit être immatriculé en tant que pupille de l'état pour résoudre le problème de tutelle. L'A.S.E. deviendra  son " tuteur " et pourra permettre ou non son mariage.
" La mère retrouvée par la police, a demandé des nouvelles de l'enfant en octobre et novembre 54 et n'a jamais plus donné signe de vie depuis cette date " . L'agence avoue enfin, 14 ans après, que Jeannette Gueydan a pris des nouvelles de son fils mais elle ne mentionne pas les lettres ( lettre du 11/10/54-0102, 03, et 04 ; lettre du 25/11/54_01 et 02 ) . Elle omet également la décision du tribunal pour enfants du 15/03/55


10 avril 69_01 et 02 : une enquête de moralité, en vue du mariage de Michel, faite par l'agence d'Autun sur mon père, ma mère et sur ma famille maternelle. Certains " termes " se passent de commentaires.

18 avril 69 : Michel a été immatriculé au titre des pupilles de l'état.
" En conséquence , cette immatriculation entraîne tous les effets de droit prévu au code de la famille, notamment la secret du lieu de placement, toute relation avec la famille naturelle étant interdite ". L'agence de Paris a dejà appliqué ces interdictions bien avant l'immatriculation de Michel ( 14/01/55 ) mais cette fois-ci c'est officiel, les parents de mon père sont l'A.S.E.  
Il ne faut donc pas s'étonner de la rapidité de la procédure, c'est à vomir.

07 juin 69 : courrier de l'abbé Brochot demandant un extrait de baptême en vue du mariage de mon père. l'A.S.E. a du lui fournir la date du baptême : le 05 juillet 1950.

26 juin 69_01 et 26 juin 69_02 : Demande d'un acte de baptême de Michel à l'archevêché de Paris.
" ce certificat ne devra mentionner ni le lieu de naissance, ni le lieu de baptême, ni la filiation, ni les parrains et marraines." La réponse de l'archevêché est absente du dossier, ils n'ont pas du tenir compte de cette phrase et envoyer un certificat complet. Toutes les indications sont donc anotées au dos de la page.
Michel a donc été baptisé le 28 janvier 1950 en " baptême privé " avec supplément de cérémonies le 05 juillet 1950. Le baptême privé est conféré en cas de " péril de mort " ( ce sont les termes de l'église ) , donc l'accouchement s'est mal passé. Cela explique que dans l'Acte de naissance de Michel  ce soit  une personne ayant assisté à l'accouchement qui soit venue le déclarer à la mairie le lendemain. Jeannette a déclaré son fils le 15 mars.
J'ai donc fait une demande et obtenu, aux archives de catholicité de Paris, un extrait d'acte de baptême mentionnant les noms des parrains et marraines ainsi que le lieu du dit baptême.


1978
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18 avril 78 : après une demande faite par mon père pour retrouver sa mère l'agence lui a envoyé cette lettre, c'est le seul élément du dossier que mon père ait jamais vu et tout ce qu'il a su sur sa mère.




A.S.E. : aide sociale à l'enfance, assistance publique ou D.A.S.S.

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